Cathédrale éphémère

Lieu :  Quartier de Montaigut, Créteil
Architecte :  Tom GRAY
Maître d’ouvrage :  Association Diocésaine de Créteil - Eglise Catholique en Val de Marne
Lot :  Conception, permis de construire et suivi de réalisation
Mission :  Conception et exécution de la structure et de l'enveloppe
Date :  2012–2013
Intervenants :  Laboratoire Navier (Ecole des Ponts et Chaussées), Viry (structure)
Equipe T/E/S/S :  Tom GRAY, Bernard VAUDEVILLE, Simon AUBRY,

Construction d'un lieu de culte provisoire en structure gridshell

La cathédrale existante, Notre-Dame de Créteil, est un édifice modeste, en béton armé, construit dans les années 70 par Charles-Gustave Stoskopf. Le diocèse du Val de Marne en a entrepris l'agrandissement et la rénovation : une mission assurée par l’agence Architecture Studio et T/E/S/S.

En marge du projet principal, le maître d’ouvrage a souhaité qu’une structure temporaire soit construite pour assurer la continuité des célébrations religieuses lors des travaux. 
Fort de l’expérience antérieure de la construction d’un gridshell en matériaux composites pour le festival Solidays en 2011,T/E/S/S a fait une proposition originale à l’association diocésaine de Créteil : que les paroissiens participent eux-mêmes à la construction de leur cathédrale, en lieu et place de la tente qu’ils avaient initialement imaginé louer. Séduit par cette proposition, le diocèse nous a confié la tâche de développer intégralement ce projet de l’esquisse à la construction, avec l’aide de deux partenaires : le laboratoire Navier et l’entreprise Viry.

Ce prototype de grande ampleur, qui peut accueillir jusqu’à 500 personnes, constitue une première dans le secteur de la construction qui reste encore très fermé à l’utilisation de matériaux non traditionnels, en particulier lorsqu’il s’agit d’applications structurelles et à fortiori pour un édifice abritant du public. Bien que ces matériaux modernes soient désormais employés abondamment dans d’autres industries comme celle de l’aéronautique, ils pâtissent d’un vide normatif qui freine leur développement. Pour contourner cette difficulté, nous avons mis en place une campagne d’essais en laboratoire pour caractériser de manière appropriée la résistance des matériaux mis en œuvre et la solidité des assemblages.

La structure est une résille de tubes en fibre de verre assemblés entre eux par des connecteurs d’échafaudage. Préfabriquée en atelier, elle est assemblée au sol puis mise en forme par déformation élastique à l’aide de 2 grues mobiles. Cette phase, la plus critique et spectaculaire du chantier, s’effectue en quelques heures seulement. Elle est alors ancrée à une longrine périphérique en béton armé. Une fois contreventée, la résille est couverte d’une toile PVC tendue en partie basse, sur une rive de laçage dédiée.

Le procédé constructif employé ici permet, moyennant une plus grande complexité des études, de réaliser une forme inédite pour un budget très restreint.