Les Cathédrales du Rail
Dans le site ferroviaire de l’ancien Dépôt de la Plaine Saint-Denis, les Cathédrales du Rail sont deux grandes halles industrielles en béton, liées à l’entretien des locomotives, construites entre les années 1920 et 1950. Selon leur époque de construction, de reconstruction ou de réparation, les bâtiments présentent des volumétries, des fonctionnements structurels et des procédés constructifs très différents. Malgré un matériau commun, le béton armé, cette diversité reflète l’évolution des techniques du béton au cours du XXe siècle (agrégats, ciment, armatures et pratiques constructives). Témoins du patrimoine industriel et ferroviaire de Saint-Denis, les halles ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 2004. Après de nombreuses transformations, destructions et reconstructions, elles sont inoccupées depuis près de vingt ans et présentent d’importantes dégradations : infiltrations d’eau, altérations visibles des bétons et vieillissements internes tels que la carbonatation. Les campagnes d’entretien menées précédemment n’ont traité qu’une partie limitée de ces désordres, qui continuent de progresser. Par ailleurs, le plomb et l’amiante issus des procédés constructifs ou de l’exploitation du site n’ont pas été retirés.
Un programme de réhabilitation et de transformation du site a été défini en 2023 afin d’accueillir un lieu culturel et événementiel dédié aux cultures urbaines. Sa mise en œuvre nécessite la restauration complète du clos et du couvert des halles avant le développement du projet muséographique. Dans ce cadre, T/E/S/S intervient comme bureau d’études structure et enveloppe au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre chargée de la restauration. La complexité du projet a conduit à la constitution d’une équipe pluridisciplinaire réunissant T/E/S/S (mandataire), l’Atelier Monchecourt (architecte du patrimoine), Ginger Deleo (spécialiste du traitement de l’amiante et du plomb) et le LERM (spécialiste des matériaux et bétons anciens).
Le premier enjeu de cette restauration réside dans l’acquisition d’une connaissance approfondie des bâtiments et la levée des nombreuses inconnues liées à leur état. Une phase de diagnostic et d’investigations complémentaires, menée au premier semestre 2026, comprend des recherches d’archives, des relevés de pathologies, une campagne photogrammétrique et géométrique 3D, des prélèvements et analyses de bétons ainsi que des mesures des matériaux amiantés et pollués au plomb.
Un premier chantier test a été mené durant l’été 2026. Sur trois zones de toiture d’environ 100 m² présentant des configurations différentes (géométrie, accessibilité, type de support et de complexe d’étanchéité), des essais de dépose complète ont été réalisés. Cette campagne a permis de collecter de nombreuses informations pratiques et de valider plusieurs hypothèses : principes d’échafaudage et de protection, outillage et procédés d’enlèvement, état de surface final, etc. Ces conclusions serviront de base à la suite des études, en vue de l’enlèvement complet lors du chantier.
Le diagnostic sera complété par les études de projet, pour un chantier envisagé en 2027. En parallèle, des chantiers tests complémentaires permettront de valider les procédés les plus sensibles, notamment le traitement des bétons et la restauration des baies vitrées, début 2027. L’ensemble des études est réalisé en étroite collaboration avec la DRAC afin de définir l’état de référence et des objectifs de restauration cohérents avec l’histoire du site.